Aider à soigner sans être médecin : les métiers Santé & Tech au coeur du podcast Adelia.
🎧 Une prothèse qui permet de ressentir ?
C’est le travail de Manon Frajman.
Et une intelligence artificielle capable de mieux repérer une maladie rare avant la naissance ?
C’est le sujet de recherche de Hanna Mergui.
Dans le podcast Adelia, elles ont accepté une invitation un peu folle : raconter leur métier Santé & Tech avec des lunettes jaunes.
Résultat ?
Des découvertes. Du parler vrai. Et beaucoup de fous rires.
Redonner le sens du toucher à une personne amputée.
Les prothèses bioniques les plus évoluées permettent de réaliser des mouvements.
Mais elles ne rendent pas forcément les sensations.
→ Manon Frajman, cofondatrice et Directrice Générale d’Advanced Care Technologies, développe avec son équipe un dispositif médical qui ajoute des capteurs à une prothèse. L’objectif : permettre à une personne amputée de retrouver des informations liées au toucher.
Sentir que l’on serre un objet. Mieux mesurer sa force. Retrouver des gestes plus naturels.
La même technologie est aussi adaptée à une semelle destinée aux personnes diabétiques qui perdent de la sensibilité sous le pied. La semelle peut les prévenir lorsqu’une pression devient trop forte.
Parce que, comme le rappelle Manon pendant l’épisode : qui pense vraiment à regarder sa voûte plantaire tous les jours ?
Voilà à quoi ressemble un métier en Medtech : imaginer et développer des dispositifs médicaux qui améliorent concrètement la vie des patients.
Créer de « fausses » échographies pour mieux voir le réel
→ Hanna Mergui est doctorante en intelligence artificielle et imagerie médicale. Sa question de recherche tient presque du casse-tête.
Pour apprendre à une IA à reconnaître une maladie sur une échographie, il faut lui montrer beaucoup d’exemples.
Mais comment faire lorsqu’une malformation est si rare qu’il n’existe que quelques images ?
Hanna cherche à créer des images synthétiques d’échographies présentant ces pathologies rares. Ces fausses images pourraient ensuite servir à entraîner d’autres intelligences artificielles à mieux les détecter.
Un peu comme lorsque l’on demande à un outil d’IA de créer l’image d’un chat. Sauf qu’ici, le modèle doit comprendre l’anatomie, l’échographie et des malformations très précises.
Peut-on réellement utiliser ces images artificielles pour améliorer le diagnostic ?
« Réponse dans trois ans », sourit Hanna.
C’est aussi cela, une thèse : consacrer plusieurs années à une question qui n’a pas encore de réponse.
Première de la classe ou en échec scolaire : deux chemins vers la Santé & Tech
Hanna et Manon sont arrivées dans le même studio avec des parcours presque impossibles à comparer.
Hanna adorait l’école. Elle rentrait chez elle pressée de faire ses devoirs.
Oui, cette personne existe.
Manon, elle, s’est fait renvoyer de plusieurs établissements. Elle a connu cinq premières années d’études, raté le concours de médecine et failli être renvoyée de son école d’ingénieurs.
L’une est passée par les mathématiques, l’informatique puis Polytechnique avant de choisir la santé.
L’autre voulait devenir médecin. Son détour par une école d’ingénieurs spécialisée en biotechnologies et un stage dans une entreprise médicale l’ont ramenée vers ce qui l’attirait depuis toujours : l’hôpital et les patients.
Aujourd’hui, elles se retrouvent sur la même envie : améliorer la santé grâce à la Tech.
Leurs histoires rappellent une chose simple aux jeunes filles et à leurs parents : un bulletin scolaire ne raconte jamais toute la suite.
Biotech, Medtech, santé numérique : quelle différence ?
Ces trois mots apparaissent souvent lorsqu’on cherche un métier d’avenir dans la santé.
La Biotech relie la biologie et la technologie pour mieux comprendre le vivant ou développer de nouveaux traitements.
La Medtech concerne les technologies et les dispositifs médicaux : prothèses, robots chirurgicaux, appareils d’imagerie ou pansements innovants.
La santé numérique ou e-santé rassemble les outils et services numériques qui aident au diagnostic, à l’organisation des soins ou au suivi des patients.
Dans la réalité, les frontières se croisent souvent. Une prothèse peut utiliser des capteurs et un logiciel. Une échographie peut être analysée par une intelligence artificielle. Un métier peut mêler santé, données, design, réglementation ou gestion de projet.
C’est précisément là que se cachent des métiers que beaucoup de jeunes n’imaginent pas encore.
La Santé & Tech, un secteur qui recrute ?
La HealthTech française compte déjà 75 000 emplois directs. France Biotech estime que le secteur Santé & Tech pourrait créer 130 000 emplois supplémentaires en France d’ici 2030.
Il s’agit d’une projection, pas d’une promesse. Mais elle montre la diversité des besoins : recherche et développement, production, intelligence artificielle, qualité, réglementation, marketing, vente ou accompagnement des professionnels de santé.
Tous ces métiers ne demandent pas de devenir médecin. Tous ne nécessitent pas non plus de passer sa journée à coder.
La santé a besoin de personnes capables de chercher, concevoir, tester, expliquer, organiser et comprendre les patients.
Source du chiffre sur l’emploi : France Biotech, présentation de la HealthTech en France.
À 14 ans, faut-il déjà savoir quoi faire plus tard ?
Pendant la rubrique Allô Adelia, Hanna se souvient qu’à 14 ans, elle attendait encore sa lettre pour entrer à Poudlard.
Son conseil est simple : relâcher la pression.
Observer ce que l’on aime. Découvrir des métiers. Rencontrer des professionnelles. Essayer un atelier ou un programme. Puis changer d’avis si l’expérience ne nous plaît pas.
Manon partage la même idée. Son parcours n’a jamais suivi une ligne droite et elle continue encore à découvrir de nouveaux domaines, comme l’économie de la santé.
Trouver sa voie ne consiste pas toujours à prendre une grande décision à 14 ou 16 ans.
Écouter l’épisode Santé & Tech
Dans cet épisode, Hanna et Manon racontent leurs métiers sans jargon, leurs parcours opposés, le poids de l’échec, le rôle de l’entourage et leur envie commune d’améliorer la vie des patients.
Et elles le font avec des lunettes jaunes.
« On dirait ceux qui conduisent les motos rétro. »
« Moi, je dirais un chercheur fou. Ça me va très bien. »
Transcription du podcast
Santé & Tech – version courte
Sandrine: [00:00:00] Peut-on aider à soigner sans être médecin ? Deux femmes répondent oui. L’une aide à redonner le sens du toucher à des personnes amputées et l’autre aide, avec l’IA et l’imagerie, à mieux diagnostiquer les maladies avant la naissance. Et derrière tout ça, il y a des métiers cachés que tu n’imagines pas : la Santé & Tech, qui va pourtant produire plus de cent trente mille emplois supplémentaires d’ici 2030.
Sandrine: Bienvenue chez Adelia, Rêve et Deviens, le podcast dédié aux filles et aux parents pour rêver et s’orienter vers le numérique, avec toujours des lunettes jaunes pour ouvrir le regard avec style.
Sandrine: Ravie de vous accueillir, Hanna Mergui, Manon Frajman. Et je suis Sandrine Delage, passionnée de tech depuis toujours.
Sandrine: Manon, tu es cofondatrice de la start-up Advanced Care Technologies. Et Hanna, tu es doctorante, avec une thèse coportée par un laboratoire, l’IPSYS, et une start-up, Sonio. Exact. Alors…
[00:00:59] Flashback ado : leurs héros et héroïnes
Sandrine: On va commencer par [00:01:00] la première rubrique, Flashback ado, pour mieux vous connaître.
Sandrine: Dans cette première rubrique, on s’intéresse à qui tu étais ado. Je vais commencer par toi, Hanna. Quelle était ton héroïne quand tu étais ado ? Qui t’a inspirée et qui a un lien, bien sûr, avec ce que tu fais aujourd’hui ?
Hanna: Alors moi, c’est pas une héroïne, c’était un héros. Pas très original, mais c’était mon père.
Hanna: Donc mon père est chef de projet informatique. Et moi, ce qui me fascinait, c’était qu’il travaillait toujours sur ses quinze ordinateurs. J’avais l’impression qu’il était en train de faire démarrer une fusée. Je savais pas, je comprenais pas vraiment ce qu’il faisait.
Hanna: Mais il essayait toujours de m’expliquer avec des petits mots, quoi, des mots d’enfant, ce qu’il faisait, et ça me donnait trop envie.
Hanna: Et ben je l’ai suivi, je suis rentrée dans l’informatique. Pour moi, c’était, on va pas dire une évidence, mais voilà.
Sandrine: Le pouvoir du père.
Hanna: C’est ça.
Sandrine: Et toi, Manon ?
Manon: Bon, ça va pas être très original, c’était ma mère. On est issus d’une famille d’immigrés.
Manon: Elle a fait ses études de médecine, elle est devenue urgentiste.
Manon: Et ensuite, elle est partie [00:02:00] en communication santé. Tout le monde lui a dit : « Mais t’es complètement folle, fais pas ça. » Et elle, elle a jamais écouté les gens. Elle est passée de secrétaire à directrice générale. Ensuite, on a grandi. Donc pareil, elle s’est réinstallée en médecine générale.
Manon: Tout le monde lui a dit pareil : « T’es complètement folle. » Elle l’a fait. Et voilà, c’est exactement ma mère. C’est quelqu’un qui a jamais dit oui aux conventions, qui a jamais écouté les gens et qui a toujours réussi à faire ce qu’elle voulait. Et moi, je l’appelle le pitbull. C’est mon inspiration. Elle s’est battue pour moi, pour tous mes conseils de classe, parce que moi, j’étais une élève catastrophique. Et donc je l’ai vue se battre pour moi, réussir tout ce qu’elle faisait.
Manon: Franchement, elle est incroyable.
Sandrine: Mais qu’est-ce qu’elle dit de toi, ou qu’est-ce que cette héroïne dit de toi ? Quelles sont les compétences ou les valeurs que tu as intégrées dans ton métier d’aujourd’hui ?
Manon: Bah, c’est déjà l’honnêteté.
Manon: Et c’est ça qu’elle m’a inculqué. J’ai un franc-parler, c’est pas facile tout le temps. Dans ma première boîte, je travaillais avec des devs et ça a été très compliqué, parce que j’ai dû apprendre aussi à parler correctement à des gens qui me connaissent pas. Je parle pas mal, mais c’est vrai que je vais dire les choses de manière très crue, parce qu’elle, elle fonctionnait comme ça.
Manon: Mais en tout cas, elle m’a appris l’honnêteté, la rigueur et cette façon de parler [00:03:00] qui peut paraître crue, mais qui est juste réelle. Enfin, je suis quelqu’un de vrai, voilà. C’est vraiment ce qu’elle m’a appris : être quelqu’un de vrai.
Manon: Avec ses qualités et ses défauts.
Sandrine: Et toi, Hanna ?
Hanna: Alors moi, mon père, il a toujours tout fait pour nous. C’est-à-dire que toutes les décisions qu’il a prises, l’endroit où on a habité, son travail, enfin toutes les décisions qu’il prenait, c’était toujours pour nous, pour le bien-être de la famille.
Hanna: Et il nous a toujours appris que, même si on travaille, même si on a des projets, etc., il faut pas s’oublier. Dans le sens où il faut un petit peu rester égoïste, rester au centre de ses préoccupations et se demander ce qui est le meilleur pour nous. Et c’est vrai que moi, j’ai gardé ça.
Hanna: Et dans toutes mes décisions, dans mon travail, etc., j’essaye de faire ce qui est le mieux pour moi, pour ma fille, pour mon mari, mes parents. Et c’est quelque chose que je veux garder tout au long de ma carrière. On a tendance, des fois, à avoir des personnes qui s’oublient un peu dans leur carrière.
Hanna: Et on se réveille à 50 ans et on se rend compte qu’en fait, on a cravaché pendant 40 ans, qu’on n’a pas profité de la vie, qu’on n’a pas profité de ses enfants, qu’on a oublié [00:04:00] de fêter Noël. Et ça, c’est quelque chose que vraiment, je veux pas faire. J’essaye de prendre le temps au quotidien pour me recentrer autour de ça.
Sandrine: Et pour continuer à découvrir qui vous étiez ado, quel est le lien entre ce que vous aimiez quand vous étiez ado et votre métier ? C’est pas forcément une passion en particulier, ça peut être une compétence, puisque finalement les ados ont des compétences.
Sandrine: Organiser des anniversaires, c’est une compétence pour devenir chef de projet.
Hanna: Alors c’est un peu, un peu compliqué, mais je pense que ça va peut-être parler à, à des personnes.
Hanna: Moi, j’aimais tout. J’adorais lire. Quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je disais : le matin, je serai docteure, à midi, je serai écrivaine, à 14 heures, je serai avocate.
Hanna: J’étais une personnalité comme ça, très curieuse. J’aimais beaucoup m’instruire par les livres, par les documentaires. Mes potes se foutaient de ma tronche parce que j’adorais les documentaires sur l’espace ou sur les… Ouais, ouais.
Manon: Ado, c’est un peu atypique.
Hanna: Ça, je suis d’accord.
Hanna: Ouais, non, clairement, mais c’est pas grave, j’assume, tu vois. J’avais aussi une passion, que je suis toujours, qui est l’équitation.
Hanna: Je pense que dans tout ça, [00:05:00] je garderais un peu la curiosité, l’envie d’apprendre. D’ailleurs, je suis en thèse et, généralement, les gens qui sont en thèse, on leur dit : « Stop, ça y est, il faut arrêter les études. »
Hanna: Et il y a un peu cette envie de toujours apprendre, de vouloir savoir tout sur tout. Et au niveau, par exemple, de mes passions, avec l’équitation, il y a un peu un côté dépassement de soi. L’équitation, c’est un sport où tu dois t’occuper et maîtriser, entre guillemets, un animal de sept cents kilos et ne faire qu’un avec cet animal.
Hanna: Et ça demande de la force de caractère, ça demande de mettre sa peur de côté, de la maîtrise de soi. Et c’est quelque chose que je retrouve un peu dans mon travail : l’envie de toujours faire mieux. C’est jamais assez, il faut se dépasser, il faut faire mieux que ce que tu as fait hier, en moins de temps que ce que tu as fait l’année dernière, etc.
Hanna: Voilà.
Sandrine: Et toi, Manon ?
Manon: Alors moi, j’étais une très mauvaise élève. Donc je pense que c’est complètement l’inverse. Mon père était désespéré. Je lisais des Disney, alors que lui voulait que je lise Asimov et Le Point. Enfin, il n’en pouvait plus. Mais par contre, mes parents sont médecins.
Manon: Mon père est chirurgien orthopédique, ma mère était [00:06:00] urgentiste et j’ai toujours voulu faire médecine. J’allais au bloc regarder mon père opérer, mon oncle cardiologue. Enfin, j’adore l’hôpital. Même quand j’ai été patiente une fois à l’hôpital, j’ai adoré y être.
Hanna: Ah bon ?
Manon: Mais juste pour ce côté-là. Non, je sais pas, j’aime trop. Pourquoi ?
Hanna: T’as pas fait un parcours de médecine ?
Manon: Mais j’ai essayé. J’ai raté le concours. J’ai été classée au premier semestre, déclassée au second.
Manon: Mais c’est rigolo parce que j’ai quand même réussi à rester dans le monde médical, grâce à ma mère d’ailleurs, en partie, puisque c’est un énorme hasard. J’ai raté mon concours de médecine la deuxième année et je savais pas quoi faire.
Manon: Elle m’a trouvé une école d’ingénieurs spécialisée en biotech. Il fallait trouver un stage. Et là, c’est vraiment… Comme quoi, je pense que… Enfin, je sais pas, moi, je crois au karma, mais c’est un gros coup de bol. J’ai trouvé mon premier stage dans le monde des dispositifs médicaux.
Manon: Les dispositifs médicaux, personne ne connaît ça. On communique pas, on fait pas de communication grand public. Et je suis tombée chez Medtronic, en cardiologie, et j’ai découvert le métier dans lequel j’évolue encore aujourd’hui. Donc ça doit faire sept ou huit ans.
[00:06:53] Comment accompagner un ado dans son orientation ?
Sandrine: Alors, on parlait de l’entourage, justement pour les parents qui nous regardent, c’est pas facile d’accompagner ces ados dans [00:07:00] l’orientation,
Sandrine: Comment ça s’est passé pour vous ? Comment l’entourage vous a accompagnées, soutenues, aidées sur des sujets qu’on ne connaît pas forcément ? Manon, tu veux commencer ?
[00:07:08] Peut-on réussir sans être un bon élève ?
Manon: Alors moi, c’est ce que je disais, j’ai un parcours catastrophique. Mes parents, ils en pouvaient plus. Donc à partir de la troisième, je me suis fait virer de mon lycée.
Manon: Alors là, c’était l’escalade : je me tapais des conseils de classe, j’allais pas en cours, je me faisais virer de classe.
Hanna: Le petit canard.
Manon: Et c’est très dur d’être vue comme la personne de la famille qui a échoué. Mais je les remercie parce que sinon, je serais pas là aujourd’hui.
Manon: Et je me rends compte à quel point, franchement, si j’ai un conseil à donner, c’est de faire de très bonnes écoles comme Polytechnique, les Mines, Centrale, HEC, parce que ça vous ouvre un nombre de portes incalculable et ça évite des barrières à l’entrée que moi j’ai aujourd’hui, parce que j’ai pas fait une école d’ingénieurs qui est reconnue.
Sandrine: Et toi, Hanna ?
Hanna: Alors moi, c’était complètement l’inverse. Moi, j’étais vraiment Léonie Gratin dans Ducobu. Enfin, c’est moi qui m’asseyais devant. J’étais insupportable. Mais moi, j’ai adoré ça. J’ai toujours été première de la classe. Mais vraiment, j’aimais l’école, dans le sens où je rentrais chez moi, j’étais pressée [00:08:00] de faire mes devoirs.
Hanna: Les ados, ils vont se dire : « Mais c’est qui cette folle ? »
Manon: Mais c’est bien, on a les deux exemples complètement opposés.
Hanna: Non, mais parce que vraiment, j’ai adoré ça. Et pour l’accompagnement, mes parents me laissaient faire ma vie parce que je faisais mes devoirs toute seule, j’étais très autonome.
Hanna: Mes parents, ils étaient hyper présents, mais c’est vrai qu’ils étaient là en mode : « Bah, tu fais ce que tu veux. »
Hanna: C’est-à-dire que, que je sois musicienne, que je vende des légumes ou que je fasse Polytechnique, ils auraient été derrière moi. Et ça aussi, c’est quelque chose que je veux garder pour mes enfants. Je trouve que c’est très important. Je suis d’accord avec toi, les grandes écoles…
Hanna: ça ouvre des portes, mais j’ai tellement vu de contre-exemples où il y a eu des gens qui ont réussi avec des diplômes pas forcément extraordinaires ou alors l’inverse, des gens qui ont fait des grandes écoles et qui ont eu des parcours, voilà, pas forcément extraordinaires. Je pense que l’important, c’est d’essayer, dans ce que tu fais, de donner le meilleur de toi-même.
Hanna: Moi, mon père, il m’a toujours dit : « Tu veux être violoniste, y a pas de souci, mais tu seras le premier violon là où tu seras. Ou alors tu veux être vendeuse de légumes, super, mais je veux que t’aies les [00:09:00] plus grosses ventes du marché. » Et donc ça, ça m’a toujours poussée.
Hanna: Forcément, quand je suis rentrée à Polytechnique, bon bah là, c’était la fête. J’étais un peu la fierté de la famille. T’étais dans…
Manon: Quel état quand t’as défilé ?
Hanna: Bah moi, j’ai pas été militaire.
Hanna: Donc, je le raconterai après, mais j’ai pas fait militaire, je suis rentrée après Dauphine.
Manon: Ok.
Hanna: Bah moi, quand je suis arrivée à Polytechnique, j’étais pas la meilleure. Ça aussi, ça m’a fait un peu une chute d’égo, mais je pense que c’était pas mal d’avoir ça.
Hanna: Au lycée, j’étais un peu la meilleure. J’arrive à Polytechnique, je suis la plus nulle parce que devant toi, t’en as qui sortent de lycées hyper prestigieux, qui ont fait des cours de maths à côté à la maison, des cours d’échecs, des, ils parlent chinois, j’ai eu besoin de, de cravacher vraiment pour y arriver, honnêtement.
Sandrine: Eh ben très bien,
[00:09:40] Le métier en action : MedTech, biotech et e-santé
Sandrine: On va passer à la deuxième rubrique qui s’appelle Le métier en action. Une petite règle, pas simple, c’est de pouvoir parler de votre métier comme si vous en parliez à votre famille, voire à votre grand-mère. Et on va essayer d’illustrer vos métiers pour les faire comprendre aux ados et aux parents.
Sandrine: Alors,
[00:09:53] C’est quoi les métiers de la santé et de la tech ?
Sandrine: Je vais commencer par présenter les trois grandes familles de métiers de la Santé & Tech. Tu as parlé de biotech. La biotech, c’est le lien [00:10:00] entre biologie et technologie pour trouver de nouveaux traitements, par exemple. On a reçu Malek Baroudi, bioinformaticienne, dans un épisode précédent, où elle expliquait qu’elle analysait l’ADN, donc la partie biologie, dans la Seine, pour comprendre notre résistance aux antibiotiques, tout en utilisant des outils d’intelligence artificielle.
Sandrine: Puis il y a la MedTech, la technologie médicale, donc les objets dédiés à la santé. On va trouver une prothèse, par exemple, ou des outils pour améliorer l’imagerie médicale. Ça peut être un robot pour aider les médecins au moment des opérations. Et puis il y a la e-santé. Ce sont des produits et des services qui contribuent à améliorer le diagnostic, mais aussi l’accueil ou le suivi des patients.
Sandrine: Un exemple : le dossier médical numérisé, qui permet de centraliser un parcours. Je présente ces trois familles parce qu’on va parfois retrouver cette terminologie dans les intitulés des métiers. Et pour illustrer votre métier, on va commencer avec trois émojis. Donc Manon, est-ce qu’en trois émojis, tu pourrais expliquer ton métier, ce que tu fais aujourd’hui ?
Manon: Alors, si on prend les émojis que j’ai sur l’iPhone, le premier truc qui me vient [00:11:00] à l’esprit, c’est la prothèse. Il y a une prothèse sur l’iPhone qui a un bras comme ça, puisque je travaille justement sur l’amélioration des prothèses pour les patients qui ont été amputés.
Manon: Le deuxième émoji, c’est une fille. Je suis une femme entrepreneuse. J’ai réussi à faire ce que ma mère a fait, ce qui, au final, n’est pas si simple parce qu’il faut se battre. On reste dans une société patriarcale avec des préjugés et il n’y a que 2 % de femmes fondatrices en France.
Manon: Donc les statistiques sont là, c’est une réalité. Et je suis contente de pouvoir dire que je suis là et que je l’ai fait. Et le troisième émoji…
Manon: Celui avec la femme et, enfin, le médecin. C’est le médecin. Je suis en MedTech. Je développe des dispositifs médicaux pour les patients et pour améliorer le parcours de soins. C’est ce qu’on disait : je mets des capteurs sur les prothèses pour permettre aux patients de sentir à travers leurs prothèses. Parce qu’aujourd’hui, les prothèses bioniques les plus évoluées permettent uniquement une fonction de mouvement, mais pas de retrouver une sensibilité.
Manon: Aujourd’hui, on est sur des amputations de bras. Ce sont majoritairement des amputations dites traumatiques, c’est-à-dire causées par un accident de la route ou un accident du travail. Ce sont des patients jeunes qui ont la [00:12:00] volonté de retourner dans la vie active.
Manon: Et on a aussi transposé la technologie à ce qu’on appelle le pied diabétique, où ces patients-là finissent également par perdre en sensibilité. On l’a transférée dans une semelle pour permettre aux patients de recevoir une notification. Comme ils ne sentent pas quand il y a un point de pression excessif, cela les incite à regarder leurs pieds.
Manon: Puisqu’on dit aux patients diabétiques de regarder leurs pieds, leur voûte plantaire, mais personne ne la regarde. Et c’est vrai, sincèrement, est-ce que vous avez déjà regardé votre voûte plantaire ?
Sandrine: Ton intitulé de métier officiel, entre guillemets, quand tu te présentes ?
Manon: Ben, je suis fondatrice et directrice générale de la société. Directrice générale, je pense que le métier, c’est… Et c’est ce que tu disais, j’ai eu cette appétence-là quand j’ai commencé à travailler : j’adore toucher à tout.
Manon: Et je trouve que le plus important là-dedans, c’est l’empathie. C’est être capable de s’adapter à son interlocuteur, de vouloir l’écouter, de vouloir le comprendre.
Sandrine: Merci à toi. Et toi, Hanna, tes trois émojis ?
Hanna: Bon déjà, on va mettre un ordinateur, parce que mon ordinateur, c’est mon meilleur ami.
Hanna: Je suis obligée de le laver tous les soirs parce qu’en fait, il y a [00:13:00] les traces de tout ce que je mange et de ce que je fais dessus. Voilà, c’est catastrophique. Donc mon petit ordinateur que j’adore. La petite image avec un thorax d’imagerie médicale et un petit cœur, ou un vrai cœur on va dire. Parce qu’en gros, moi, ce que je fais, je vais essayer de le dire avec des mots très simples, comme si je parlais à ma nièce.
Hanna: Donc il y a des femmes enceintes. Quand on est enceinte, on va chez le gynécologue pour faire de l’imagerie, donc des échographies. Et le médecin doit voir certaines choses. Il doit voir le cœur, le cerveau, les poumons, etc.
Hanna: Donc l’entreprise dans laquelle je travaille, qui s’appelle Sonio, va vendre une sorte d’application, on va dire ça simplement, qui se branche à la machine du médecin et qui va vérifier : OK, est-ce que le médecin a bien pris l’image du cœur, des poumons, des reins, etc. ?
Hanna: Est-ce que tout est là ? Super, check, OK. Une fois que c’est fait, le logiciel va regarder plus en profondeur. Il va se dire : super, j’ai un cœur, mais est-ce que le cœur est bien formé ? Est-ce qu’il est pas trop gros, trop petit ? Est-ce qu’il y a pas quelque chose qui cloche ?
Hanna: Moi, là-dedans, ce [00:14:00] que je fais, c’est que je suis en thèse. Pour ceux qui connaissent pas, une thèse, c’est au minimum trois ans de ta vie où tu te concentres sur une question de recherche, donc une question qui n’a pas encore de solution, et tu as trois ans pour trouver la solution.
Hanna: Donc pour ceux qui aiment bien les casse-têtes, les Rubik’s Cube et compagnie, c’est pas mal. Et le problème, c’est de se dire qu’actuellement, on est capable de diagnostiquer certaines maladies.
Hanna: Maintenant, et heureusement, il y a des malformations qui sont très rares, donc qui arrivent une, deux, trois fois par an. On sait qu’aujourd’hui, pour entraîner des intelligences artificielles à reconnaître des choses sur les images, il faut leur donner à manger plein d’exemples, des milliers, des centaines de milliers, etc.
Hanna: Comment on fait avec des cas où on n’a que trois images par an ? C’est impossible, on n’y arrivera jamais. L’IA ne sera jamais au point avec une dizaine d’images pour reconnaître cette malformation en temps réel.
Hanna: Et donc l’idée, c’est de se dire : on n’a pas ces données, on les aura jamais. Est-ce qu’on peut pas créer de fausses données ? Par exemple, quand vous allez sur ChatGPT, vous demandez un chat qui [00:15:00] court avec une sucette dans la bouche.
Hanna: Et ben là, c’est pareil, sauf qu’on veut générer des images d’échographie spécifiques avec des pathologies.
Hanna: Donc il faut des modèles spécifiques qui soient capables de déformer le réel ou des images synthétiques vers une pathologie. Et donc moi, c’est ma question de recherche : est-ce qu’on peut utiliser de fausses images pour entraîner d’autres IA à détecter les pathologies dans les échographies ?
Hanna: Réponse dans trois ans.
Sandrine: Une question, puisque le podcast, c’est Adelia, Rêve et Deviens. Est-ce que pour vous, votre métier, c’est un métier de rêve ou pas ? Ou qu’est-ce qui caractériserait votre métier de rêve ?
Manon: Je pense qu’un métier de rêve, c’est quand on est content de se lever le matin. Quand j’ai créé la société avec mon associé, j’ai enfin découvert mon métier. Ça a été une vraie révélation parce que j’ai quand même trente-quatre ans. On a créé la boîte il y a trois ans.
Manon: Il a fallu que j’attende d’avoir 31 ans pour enfin trouver le métier de mes rêves, entre guillemets. Ça a été une révélation pour moi et un soulagement pour mes parents. Donc voilà.
Sandrine: Merci. Et toi, Hanna ?
Hanna: Alors [00:16:00] moi, je pense honnêtement qu’il y a beaucoup de métiers que j’aurais autant kiffés que celui-ci. Mais ça va avec ma personnalité parce qu’il y a plein de choses que j’aime et, quand je me mets à fond dans un projet, je surkiffe. Et donc, comme toi, je suis hyper pressée de continuer, de voir ce que ça va donner.
Hanna: Mais je pense que ce qui m’anime le plus dans ce que je fais, c’est la finalité. En gros, se dire que ce que je fais pourra peut-être sauver des vies. Juste, je précise quelque chose parce qu’on peut se dire : « Non, tu vas pas sauver des vies parce que si on découvre une malformation, les gens vont sûrement arrêter leur grossesse, etc. »
Hanna: Je veux préciser que c’est pas forcément le cas. Aujourd’hui, on peut faire des opérations intra-utéro. Ça veut dire qu’on va opérer le bébé à l’intérieur du ventre de sa mère et corriger le problème. Donc c’est plutôt sur ça que je m’accroche.
Hanna: Après, pour être hyper transparente, si demain je gagne cinquante millions au Loto, je pense que j’arrête de travailler, que je me prends un ranch avec plein de chevaux et que je monte un haras. Voilà, c’est pour être hyper honnête.
Sandrine: Tu rejoins ton autre passion. Voilà, c’est ça. Mais tu restes dans la lignée de tes passions.
Hanna: Voilà, c’est ça. Je pense que [00:17:00] je suis hyper épanouie dans ce que je fais. Mais voilà.
Manon: Non,
Sandrine: Faut pas déconner quand même.
Hanna: Si quelqu’un m’offre un cheval, je, bon, je peux, voilà. Je peux abandonner ma thèse, mais je dis ça comme ça.
Sandrine: Bon, très bien. Alors…
[00:17:13] Hack ton avenir : leurs parcours
Sandrine: On passe à la troisième rubrique. Donc là, c’est Hack ton avenir et c’est là où on met les lunettes jaunes.
Manon: Les fameuses lunettes jaunes.
Sandrine: Alors, comment vous vous sentez avec les lunettes jaunes ? J’adore. On dirait, tu sais, ceux qui conduisent des motos rétro, là.
Manon: Moi, je dirais un chercheur fou. Ça te va très bien.
Sandrine: C’est génial. Toi aussi, il y a une idée de laboratoire. Alors pourquoi j’adore les lunettes jaunes ? Parce que moi, ce sont les lunettes connectées qui me viennent en premier. Ça revient, d’ailleurs. Elles sont…
Hanna: dans mon sac.
Sandrine: Tu en as ? Voilà. Donc, lunettes connectées. J’adore.
Sandrine: J’aime
Hanna: beaucoup.
Sandrine: Ça, c’est chouette. Et puis les lunettes jaunes, c’est dur à trouver. Moi, j’ai dû les commander sur un site qui s’appelait le Musée des lunettes vintage. Donc chaque paire, vos deux paires, sont collector. Elles sont uniques.
Sandrine: Voilà. Et puis c’est quand même [00:18:00] la transformation, l’occasion de parler de votre parcours. Manon ?
Manon: j’en ai déjà parlé, mais je vais faire très synthétique.
J’ai commencé dans un collège privé. J’étais à Stanislas, je me suis fait virer. Ensuite, je suis passée dans d’autres collèges privés, je me suis fait virer. Donc j’ai fini en boîte à bac. Pour ceux qui connaissent pas, c’est vraiment quand ton père est désespéré, mais qu’il a quand même envie que tu passes un bac général.
Manon: Donc j’ai eu mon bac au rattrapage. Ensuite, j’ai fait cinq premières années. Ensuite, je suis enfin arrivée en école d’ingénieurs, j’ai failli me faire virer à nouveau. Donc j’ai commencé à regarder les écoles dentaires en Espagne et, finalement, j’ai réussi à rester grâce à ma mère. Et donc j’ai fini ce parcours-là. J’ai intégré une multinationale en cardiologie, ensuite je suis passée en start-up et j’ai fini par cofonder la société il y a trois ans.
Sandrine: Oh, c’est bien. Donc les métiers de la Santé & Tech sont pour tous les profils ?
Manon: Exactement. Y a pas… La seule limite, c’est toi.
Sandrine: C’est ça.
Hanna: Tes parents, ils devraient avoir une médaille quand même. Ça doit être dur.
Manon: Ils en peuvent plus.
Sandrine:
Hanna: Ouais. Parce qu’il y a un truc que je rajouterais aussi : maintenant que je suis maman, je trouve qu’on a des idéaux de fou.
Hanna: Enfin, là, tu vois, elle a un an, la petite. Je suis persuadée qu’elle va faire je sais pas [00:19:00] quoi. Tout est tracé, tout est fait. Et la dernière fois, ma mère m’a dit : « Mais qu’est-ce que tu fais si elle est nulle à l’école ? » Et moi : « Mais ça n’existe pas, c’est pas dans les plans. »
Manon: Ouais, t’as envie du meilleur pour tes
Hanna: Enfants. Et c’est là que je trouve ça génial. Peu importe comment est l’enfant, son rapport avec le scolaire, etc., trouver une manière de l’amener au meilleur de lui-même, je trouve ça trop bien, quoi.
Hanna: Ouais.
Sandrine: Alors toi, ton parcours est à l’opposé de celui de Manon. C’est…
Manon: ça qui est
Sandrine: rigolo.
Hanna: Ouais, c’est marrant. Donc moi, au collège et au lycée privé, tout s’est bien passé. Ensuite, un truc qui est sympa à raconter, c’est que je voulais pas faire de prépa.
Hanna: Généralement, quand on veut faire Polytechnique, on fait une prépa. Mais il s’avère que je suis une stressée de la vie et je pense que j’aurais pas survécu à la pression du concours. Je fais plein de stress, je fais de l’urticaire chronique, etc.
Sandrine: Ah ouais, le stress à ce point.
Hanna: Ouais, ouais, je suis très stressée dans la vie. Je me connais. Donc je me suis dit : « Si je fais ça, soit je vais faire une dépression, soit je vais me barrer au bout d’un an, soit ça va m’écœurer des maths et je vais pas [00:20:00] y arriver à cause de ça. »
Hanna: Donc c’est pas grave, je vais prendre la sortie de secours. Je vais passer par la fac. C’est très difficile, il faut s’accrocher, mais c’est faisable. Hyper honnêtement, pour ceux qui nous écoutent, c’est vachement compliqué. Il faut être major de promo pendant trois années consécutives.
Hanna: J’ai fait un stage dans une start-up qui fait de l’imagerie, qui s’appelle Milvue, puis un stage de fin d’études chez Sonio. Et j’ai tellement adoré la thématique que j’ai décidé de rester en thèse. Pourquoi la thèse ? Parce que je me suis dit : c’est le moment de devenir ultra méga experte dans mon sujet.
Hanna: Je peux aller, par exemple, à Necker, regarder les consultations. Je travaille avec des médecins qui m’apprennent tout sur l’échographie, donc c’est hyper sympa. Je fais prof aussi, pendant mes heures perdues, dans une école d’ingénieurs. J’ai aussi du temps pour m’occuper de ma fille.
[00:20:46] Qu’est-ce que tu ferais de différent sur ton parcours ?
Sandrine: Et avec le recul, est-ce que tu ferais des choses différemment par rapport à ce parcours ?
Hanna: Des fois, je me dis : c’est dommage que je me sois pas fait violence et que j’aie pas essayé le concours. Mais d’un autre côté, ça aurait pu mal tourner.
Hanna: Je trouve que c’est très dur et qu’il faut en être [00:21:00] conscient. Mais à la fin, in fine, ben voilà, je suis très fière de moi et je pense que j’aurais pas pu faire mieux. Voilà, honnêtement.
Sandrine: C’est bien. Déjà, tu te connaissais, donc tu savais. Finalement, au-delà du diplôme, tu savais ce qui te convenait ou pas.
Sandrine: Et toi, Manon, qu’est-ce que tu ferais de différent avec ce parcours finalement difficile quelque part ?
Manon: Ben c’est rigolo, mais on a différents types de maturité. Je pense que, pour certaines personnes, c’est une forme de maturité de prendre ce genre de décision, de se dire que t’es pas capable de passer un concours parce que t’es stressée.
Manon: Enfin, tout le monde se dit pas ça, tu vois. En général, t’écoutes tes parents, t’y vas, tu fermes ta gueule et tu continues. Mais honnêtement, évidemment, je vais pas dire que je regrette rien, parce que ça a été un parcours super difficile.
[00:21:39] Comment rebondir après un échec ?
Manon: Parce que l’échec, c’est très dur et on n’en parle pas assez.
Manon: Vraiment, le…
Hanna: L’échec ? Ah bah oui, d’être virée, même d’être virée à chaque fois, ça a dû te… Non ?
Manon: Non, mais c’est surtout… Enfin, tu sais, le regard des gens…
Hanna: Ouais, un peu déçus, quoi.
Manon: Ouais, et tu sais qu’on n’attend pas ça de toi, parce que moi j’avais une pression de dingue et mon frère, à côté, il était parfait en plus.
Hanna: Ah
Manon: Ça, c’est horrible. Donc l’échec, c’est [00:22:00] très dur, mais c’est formateur parce que ça t’apprend à te calmer dans des situations de panique. Et là, par exemple, les situations de panique pendant la création de la société, je les ai vécues.
Manon: Créer une société en MedTech, dans les entreprises de dispositifs médicaux en France en 2026, c’est super dur, surtout dans un métier de niche comme les amputations. Et franchement, j’en ai bavé. Si j’avais pas eu tous ces échecs, je pense que j’aurais pas été capable de tenir la route, parce que je suis comme toi, je suis une énorme stressée.
Manon: Moi, ça m’est arrivé de vomir de stress. Je suis très anxieuse et c’est super dur à maîtriser quand t’es stressée, quand t’es anxieuse. Et donc voilà. Je pense que l’échec, moi, ça m’a appris ça : à me dire que tu peux toujours rebondir.
Manon: Il y a toujours une porte de sortie. Et effectivement, le soutien, c’est tellement important. Moi, si j’avais pas mon père, ma mère, par exemple… Mon père m’héberge, parce que j’ai plus de chômage, j’ai réduit mon salaire. Donc voilà, c’est effectivement des sacrifices.
Hanna: Mais après, c’est pas grave parce que, tu vois, moi, j’ai toujours dit : « Tes vrais amis, ils veulent ton bien et ils vont t’attendre. »
Hanna: Et effectivement, mes meilleurs [00:23:00] amis étaient hyper derrière moi. Tu sais, ils m’amenaient des goûters et tout, genre à mon premier examen.
Hanna: Et globalement, le plus important, c’est que, quand t’es hyper motivée et que tu veux vraiment quelque chose, tu te donnes les moyens d’y arriver. C’est pour ça : faites quelque chose que vous aimez.
Sandrine: Voilà. Exactement.
Hanna: C’est bien.
[00:23:17] Allô Adelia : vos questions sur l’orientation
Sandrine: Alors quatrième rubrique, c’est Allô Adelia.
Sandrine: On va répondre à une question de fille ou de parent. D’ailleurs, j’invite les auditrices et les auditeurs à laisser des questions dans les commentaires pour les prochains podcasts. Et là, la phrase qui revient, c’est : « Ma fille ne sait pas quoi faire » ou « Je ne sais pas quoi faire ». On a quatorze, quinze, seize ans et, souvent, on a l’impression qu’il faut déjà décider pour toute sa vie. Et si on n’a pas de passion ou d’envie, on ne voit pas du tout ce qu’on pourrait faire.
Sandrine: Quelle serait votre réponse ?
[00:23:44] Que faire si on ne sait pas quoi faire à 15 ans ?
Hanna: Déjà, je pense qu’il faut se détendre. Moi, à 14 ans, j’étais encore persuadée qu’Harry Potter existait. J’allais recevoir ma lettre en retard. Enfin voilà, de nos jours, il y a une pression monumentale.
Hanna: Enfin, on se détend, quoi. À 14 ans, profitez avec les copains, allez jouer au tennis après [00:24:00] l’école, on verra plus tard. Je pense que la question se pose plutôt vers dix-sept ans. Enfin, la première, la terminale même, tranquille. Déjà, je pense que ça dépend de ce que l’enfant aime faire. Même s’il est pas forcément fort là-dedans, qu’est-ce qu’il aime ?
Hanna: Enfin, c’est quoi tes matières préférées, déjà ? Première question. Et ensuite, il y a un truc que moi j’ai pas fait, mais que je trouve hyper sympa : tous les nouveaux salons des métiers, où tu peux découvrir des métiers dont tu ne savais même pas qu’ils existaient. Donc ça, c’est hyper bien.
Hanna: Encore une fois, mon métier actuel, quand j’avais dix-sept ans, je savais pas qu’il existait. Et ça aurait peut-être été cool de le savoir, ou de connaître d’autres choses. Donc ça, c’est une bonne idée. Et après, ça dépend des ados. Mais je vais parler pour mon domaine : ceux qui sont intéressés par l’IA, l’informatique…
Hanna: Il y a des trucs d’été sous forme de jeux, ou sur Internet. Il y a plein de choses comme ça où on peut apprendre à coder, on peut apprendre à faire des IA, etc. Et pour les parents qui ont le temps, qui ont les moyens et qui peuvent [00:25:00] se le permettre, je trouve que c’est intéressant d’inscrire leurs enfants à ces activités pour qu’ils voient s’ils aiment ou pas.
Hanna: Parce que, des fois aussi, on pense aimer les choses et on se rend compte qu’on les aime pas. Il faut tester. C’est pas grave si l’enfant est persuadé qu’il veut faire médecine, qu’il fait la première année et qu’il se rend compte qu’il aime pas. Je pense que c’est hyper important de dire aussi à ces enfants : tu testes. On n’est pas à un an près, deux ans, trois ans, c’est pas grave.
Hanna: À la fin, il faut faire un truc que t’aimes et où t’es bien. J’ai vu trop d’amis s’enfermer dans des parcours et, au bout de la quatrième année, dire : « Putain, mais j’aime pas ce que je fais, c’est nul. » Et pourquoi tu changes pas ? « Mais il me reste qu’un an. » Mais t’as vingt-trois ans, on s’en fout.
Hanna: Donc voilà, cet état d’esprit : tu testes, tu vois si t’aimes. Si t’aimes pas, tu changes. Bon, évidemment, on va pas faire dix ans de tests. Mais pour répondre à la personne, à quatorze ou quinze ans, moi, si c’était ma fille, je mettrais zéro pression.
Hanna: Juste, tu peux l’amener dans des salons, regarder avec elle des films sur les métiers, des documentaires, pourquoi [00:26:00] pas parler avec des adultes, l’emmener rencontrer des gens. Mais sans pression.
Sandrine: Voir, voir les métiers à l’hôpital- Ouais. Même quand on est patient, donc toi
Manon: Ouais, mais moi, je suis d’accord.
Manon: Déjà, c’est vrai qu’on nous demande à seize ans de choisir ce qu’on va faire de notre vie. À l’époque, j’ai fait ES, ben parce que je suivais mes copines, j’avais seize ans. Mes parents m’ont tuée. Ils m’ont tuée.
Manon: Pour eux, c’était… Mon père, il était là : « Mais tu vas devenir secrétaire ? » Enfin…
Hanna: Ouais.
Manon: C’était une telle déception. Donc ouais, je suis d’accord : on se calme, on est jeune. Et on a tendance, dans la société, à nous mettre une pression de dingue très tôt, en disant que tout ce que tu vas faire va décider de toute ta vie future, ce qui est pas forcément vrai.
Manon: T’as toujours un moyen de te rattraper, de changer d’avis, de changer de parcours. Il y a tellement de gens qui ont fait des reconversions post-Covid. Ça nous montre un exemple parfait : tu peux faire ce que tu veux. Il faut juste t’en donner les moyens.
Sandrine: Oui,
Manon: oui. Si c’est pas le cas, c’est pas grave.
Sandrine: Et moi qui fais beaucoup de mentorat, donc qui interviens aussi auprès de jeunes filles dans des associations, il y a souvent cette question qui revient.
Sandrine: Et je me suis rendu compte aussi à quel point il existe des ressources [00:27:00] gratuites en France. Il y a des possibilités de faire des programmes l’été, le mercredi. Ouais, c’est ça. Franchement, c’est cool. Il y a aussi des sites comme Talents du numérique, spécialisés dans le numérique.
Sandrine: Donc j’ai pris tous mes Post-it et j’en ai fait un guide qui s’appelle le Guide Adelia. Il recense les podcasts, les sites, les héroïnes, mais aussi tous les programmes pour tester. Je donnerai le lien dans la description.
Hanna: Mh.
Sandrine: Et donc on arrive à la fin de ce podcast. Ça s’est passé à une vitesse, c’est incroyable.
Sandrine: Je sais pas comment vous l’avez vécu. On aurait eu plein de choses à dire. On peut dire : merci d’avoir rêvé avec nous. Et puis on peut rejoindre les filles en lunettes jaunes, avec ces lunettes jaunes.
Sandrine: Donc sur les plateformes évidemment audio, mais aussi sur TikTok, Instagram et YouTube. Et moi, je vous dis à bientôt en lunettes jaunes. Merci beaucoup. Ça va ?
Fin de l’épisode
Sandrine: Merci de rêver !
La transcription du podcast sous forme de questions
Faut-il être forte en maths pour travailler dans la Santé & Tech ?
Cela dépend du métier. Les mathématiques sont importantes pour la recherche en intelligence artificielle, comme dans le parcours de Hanna. Mais la Santé & Tech recrute aussi dans la gestion de projet, la qualité, la réglementation, le design, la maintenance ou la communication. On peut aimer la santé et les nouvelles technologies sans vouloir devenir reine des équations.
Quelles études choisir après le bac pour travailler dans la Santé & Tech ?
Il n’existe pas un seul parcours. Un BTS complété par une licence professionnelle ou un BUT peut mener au métier de technicienne biomédicale à bac +3. Un diplôme d’ingénieur ou un master en génie biomédical, informatique, données, biologie ou biotechnologies mène généralement à des métiers à bac +5. Le meilleur point de départ consiste à choisir ce que l’on aimerait faire : réparer, concevoir, analyser, chercher ou organiser.
À faire à deux 👓
Après l’épisode, posez-vous la même question :
« Dans quel métier tu m’imagines ? »
Réponse sérieuse, farfelue ou totalement futuriste acceptée.
Rejoins les filles aux lunettes jaunes 👓✨
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Pour continuer à chercher sans avoir à choisir tout de suite, le Guide pratique Adelia rassemble plus de 50 ressources gratuites : métiers, héroïnes, podcasts, sites, livres, jeux et programmes à tester.